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LES CONSOLES PORTABLES LES PLUS VENDUES DE L’HISTOIRE

Pour continuer à jouer en voyage, dans les transports ou dans son lit, on peut aujourd’hui utiliser son smartphone, une Nintendo Switch voire même un Steam Deck. La puissance graphique de ces supports a très largement flouté la frontière entre les consoles de salon et les supports nomades, mais ce phénomène est assez récent. Popularisé par les Game & Watch de Nintendo et autres jeux électroniques dans les années 80, le jeu nomade a écrit certaines des plus belles pages du jeu vidéo entre 1990 et 2010. Retour sur 20 ans d’histoire du jeu vidéo très loin d’être marginale.

 

Nintendo DS

En 2005, Nintendo n’est pas au mieux de sa forme. Ses N64 et Gamecube ont été emportées par le tourbillon PlayStation, et les ventes de la vaillante Game Boy Advance commencent à marquer le pas. Le moment est venu pour le géant japonais de prendre tout le monde à revers avec sa nouvelle console portable : avec ses deux écrans dont un tactile, sa connectivité WiFi pour relier jusqu’à 16 consoles sans fil et son micro, la DS (pour Dual Screen) est un concentré de fonctionnalités innovantes qui reprend le design emblématique des Game & Watch des années 80.

 

Cette proposition matérielle inédite sonne comme un défi pour les développeurs, qui doivent s’approprier les caractéristiques si particulières de la machine. Contrairement à la PSP de Sony qui verra le jour fin 2005, la puissance n’est pas le principal argument de vente de la DS. Des licences fortes, un prix plancher et un excellent bouche à oreille lui offriront un début de vie canon.

 

Le phénomène n’aura pas l’occasion de faiblir, notamment grâce à la facilité déconcertante avec laquelle la machine est ouverte au piratage. À peine un an plus tard, Nintendo enfonce le clou avec un modèle plus joli, plus léger et équipé d’écrans de meilleure qualité. La DS Lite s’impose immédiatement comme le modèle incontournable, pour les plus jeunes comme les plus agé(e)s. La DSi en 2009 et la DSi XL l’année suivante assurent une meilleure connectique et rattrappent le retard de Nintendo sur le dématérialisé, avec l’arrivée d’une boutique en ligne. Plus de 154 millions de DS trouveront preneurs en 9 ans, tous modèles confondus.

 

Anecdote sur la Nintendo DS : DS veut dire Dual Screen (ou Double Screen), mais a d’abord été annoncée sous le patronyme Developer System, avant d’opter pour le nom de code Nitro. Mais le projet de console portable de cinquième génération a démarré sous l’appellation Iris, et il a bien failli finir par s’appeler City Boy. Pour ne pas risquer de ternir l’image de sa Game Boy, Big N reviendra finalement sur l’acronyme DS pour la version commerciale de sa machine.

 

Titres phares :

New Super Mario Bros. (30,8 millions)

Nintendogs (23,96 millions)

Mario Kart DS (23,6 millions)

Programme d’entraînement cérébral du Dr Kawashima : Quel âge a votre cerveau ? (19,01 millions)

Pokemon Diamant/Perle (17,67 millions)

Chiffres-clés :

Constructeur : Nintendo

Date de sortie française : 11 mars 2005

Prix de lancement : 150 €

Ventes : 154,02 millions

Concurrence : PlayStation Portable

 

Nintendo Game Boy

À la fin des années 80, quelques hommes forts de Nintendo sont chargés d’imaginer la prochaine console portable du constructeur. L’ingénieur Gunpei Yokoi et la Nintendo Research & Development 1 cherchent à offrir un rendu comparable à celui de la Nes, console de salon sortie en 1983 au Japon, sans sacrifier l’autonomie de la machine qui fonctionne avec des piles. C’est dans cette optique que Nintendo opte pour un affichage en niveaux de gris, moins sexy que les couleurs de la Lynx d’Atari prévue pour la même période.

 

Peu onéreuse, solide et rapidement dotée d’un catalogue fourni et varié, la Game Boy parvient à s’imposer malgré un retard technique certain sur la concurrence. Le puzzle game soviétique Tetris (son histoire est rocambolesque), vendu en pack avec la console, n’est pas étranger au succès immédiat de la machine, mais c’est surtout le raz-de-marée Pokemon qui propulsera la console dans le monde entier.

 

Le gabarit plus fin de la Game Boy Pocket prend la relève en 1996, mais la véritable nouvelle Game Boy voit le jour deux ans plus tard. Plus puissante mais toujours pas rétroéclairée, la Game Boy Color et ses 32000 couleurs donne un nouvel éclat aux jeux de la version d’origine, tout en proposant ses propres jeux exclusifs tirant parti de ses caractéristiques.

 

Titres phares :

Pokemon Rouge / Vert / Bleu / Jaune (46,02 millions)

Tetris (35 millions)

Pokemon Or / Argent / Cristal (29,49 millions)

Super Mario Land (18,14 millions)

Super Mario Land 2 (11,18 millions)

Chiffres-clés :

Constructeur : Nintendo

Date de sortie française : 28 septembre 1990

Prix de lancement : 590 Francs (avec Tetris)

Ventes : 118,69 millions

Concurrence : Game Gear, Lynx

 

Game Boy Advance

La Game Boy Advance aurait dû sortir bien plus tôt. Nintendo a en effet chargé une équipe de travailler sur la relève de la Game Boy dès 1996, mais le succès fulgurant de la Game Boy Color et les ventes stratosphériques de Pokemon, couplés à un compromis taille/puissance/autonomie difficile à trouver, poussent Big N à remiser sa portable 32 bits. Un temps seulement. La Game Boy tire vraiment la langue à l’horizon de l’an 2000, et la firme de Kyoto doit clairement profiter de l’engouement autour de sa marque avec une nouvelle machine.

 

Design horizontal, format compact mais toujours pas de rétro-éclairage : la Game Boy Advance est une somme de choix discutés à l’époque par la presse, mais un nouveau carton monumental lors de sa sortie publique. Advance Wars, Golden Sun, Metroid Fusion et surtout Pokemon Rubis/Saphir assurent à la machine une excellente année 2002, mais c’est surtout l’arrivée d’un nouveau modèle qui fait parler. Proposée début 2003, la Game Boy Advance SP est une console pliable enfin équipée d’un écran rétro-éclairé : Nintendo fait immédiatement taire toutes les critiques, d’autant que l’autonomie reste excellente pour un prix contenu (129,99 € en France).

 

Zelda et Pokemon assurent le spectacle (et les ventes) en 2004, et tandis que Nintendo planche en parallèle sur sa future portable, le constructeur miniaturise encore davantage son hardware avec une version Micro de sa Game Boy Advance en 2005. Une console anecdotique dans les charts, mais une remarquable prouesse technologique doublée d’une esthétique remarquable. Coincée entre les phénomènes Game Boy et DS, la famille Advance aura finalement parfaitement assuré la relève.

Anecdote sur la Game Boy Advance : pour se démarquer de la concurrence comme de l’héritage pesant de la Game Boy, Nintendo veut un look original. Pas satisfait des propositions internes, le constructeur mandate le designer français Gwenaël Nicolas, installé au Japon, de proposer des concepts. Sa « tête de panda » sera finalement retenue au milieu de nombreux concepts. Pas mal pour un architecte d’intérieur de formation qui n’avait jamais œuvré dans le jeu vidéo auparavant !

 

Titres phares :

Pokemon Rubis / Saphir (16,22 millions)

Pokemon Rouge Feu / Vert Feuille (12 millions)

Pokemon Emeraude (7,06 millions)

Mario Kart: Super Circuit (5,91 millions)

Super Mario World: Super Mario Advance 2 (5,69 millions)

Chiffres-clés :

Constructeur : Nintendo

Date de sortie française : 21 juin 2001

Prix de lancement : 590 Francs (89,9 €)

Ventes : 81,51 millions

Concurrence : PlayStation Portable

 

PlayStation Portable - PSP

Sur le toit du monde avec ses deux premières consoles de salon, Sony passe logiquement à l’attaque sur le champ de la console portable. Le constructeur japonais mise sur son assise technologique et joue la carte de la plateforme multimédias avec sa PlayStation Portable, qui sort en 2005 en Occident. Pourvue d’un support optique propriétaire (UMD), la console de jeu peut également lire des films, de la musique et se connecter à internet.

 

La PSP se place ouvertement sur un segment différent de la DS de Nintendo, sortie quelques mois auparavant. Plus chère, plus puissante mais bien moins endurante, elle est vendue comme un produit premium puissant capable d’offrir un rendu proche de celui de la PlayStation 2. Avec un seul stick analogique, les contrôles dans les jeux 3D manquent parfois d’ergonomie, et son manque d’autonomie en limite l’intérêt du public, qui réserve un accueil bien plus chaleureux à la DS.

 

Porté par la licence Monster Hunter au Japon et par ses nombreuses failles l’ouvrant à un piratage massif, la PSP connaît tout de même quelques grandes années. Sony n’a, comme beaucoup, pas vu le tournant du smartphone arriver : les téléphones intelligents rendent caduque l’orientation multimédia de la PSP, qui aura finalement droit à plusieurs modèles. La Slim & Lite est plus légère et double sa quantité de mémoire vive en 2007, la PSP 3000 améliore l’écran en 2008.

 

En 2009, Sony tente un coup avec la PSP Go, dénuée de lecteur optique et dotée d’un joli écran coulissant. Le public n’est pas prêt à se débarrasser totalement des supports physiques (qui empêche le prêt, la revente et l’achat d’occasion des jeux), mais la console est de toutes façons clairement en fin de vie. La PSP Go est un échec, mais permet à son constructeur de tirer quelques enseignements pour la suite.

 

Anecdote sur la PSP : sans même évoquer les nombreux homebrews pirates qui étendent grandement ses possibilités, la PSP est un modèle d’éclectisme multimédias. Outre sa capacité à lire des films (sur UMD ou en DivX), des images et de la musique, la nomade peut se connecter à un téléviseur, à une PS3 à distance pour en prendre le contrôle, être utilisée comme traducteur, GPS, radio… On peut même y ajouter une caméra ou un contrôle gyroscopique ! On attend toujours le module imprimante, qui a fait la réputation de la Game Boy.

 

Titres phares :

Grand Theft Auto: Liberty City Stories (8 millions)

Grand Theft Auto: Vice City Stories (5,03 millions)

Monster Hunter Portable 3rd (4,9 millions)

Gran Turismo (4,22 millions)

Monster Hunter Freedom Unite (3,8 millions)

Chiffres-clés :

Constructeur : Sony

Date de sortie française : 9 août 2005

Prix de lancement : 249 €

Ventes : 80 millions (estimation)

Concurrence : Nintendo DS

 

Nintendo 3DS

L’annonce de la 3DS en mars 2010 prend tout le monde de court. Il faut dire que la DSi XL vient tout juste de sortir, et personne ne s’attend à voir Nintendo dégainer une nouvelle machine « si vite ». Son look, très similaire à celui de la DS Lite, cache en fait une innovation technologique étonnante : la console offre un rendu en 3D autostéréoscopique (sans lunette) dont on peut doser la profondeur à l’aide d’un bouton poussoir.

 

La 3DS va à l’encontre de nombreux principes historiques de Nintendo. Elle est plus chère que d’habitude, ne s’adresse pas à tout le monde (la 3D stéréoscopique est déconseillée pour les plus jeunes) et son autonomie est très limite. Son démarrage japonais est excellent, mais les ventes marquent rapidement le pas dans le reste du monde. Nintendo décide alors d’une baisse de prix. Très inhabituel seulement cinq mois après la sortie de la machine.

 

Des licences fortes (Mario, Pokemon, Smash Bros, Monster Hunter) et l’arrivée rapide de nouveaux modèles venant combler les trous – 3DS XL en 2012, 2DS en 2013 – assurent néanmoins à la portable de Nintendo un destin largement enviable dans le petit monde des consoles portables, que Big N domine depuis plus de 30 ans.

 

La gamme se renouvelle encore en 2015 avec les New Nintendo 3DS et New Nintendo 3DS XL (puis en 2017 avec la 2DS XL), avec la promesse de jeux exclusifs tirant parti de leur puissance augmentée. Seuls quelques titres en profiteront, et la famille 3DS sonnera la fin de l’aventure console portable pour Nintendo qui mise tout sur sa dernière console hybride (salon + portable), la Nintendo Switch.

 

Anecdote sur la Nintendo 3DS : Nintendo s’est associé avec le musée le plus visité du monde. Visiter le musée du Louvre à Paris avec sa console donne accès à des images en relief et des animations 3D exclusives, en plus de 700 commentaires audio enregistrés par l’équipe du musée. Quand l’art et le jeu vidéo font bon ménage…

 

Titres phares :

Mario Kart 7 (18,95 millions)

Pokemon X / Y (16,58 millions)

Pokemon Soleil / Lune (16,27 millions)

Pokémon Rubis Oméga / Saphir Alpha (14,46 millions)

New Super Mario Bros. 2 (13,39 millions)

Chiffres-clés :

Constructeur : Nintendo

Date de sortie française : 25 mars 2011

Prix de lancement : 220 €

Ventes : 75,94 millions

Concurrence : PlayStation Vita